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| Winston
Churchill. Une stupéfiante chronologie (2) : 1940-1945 |
| « Success
is going from failure to failure without a loss of enthusiasm. » |
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1940-1945.
Ses plus belles heures |
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Sir
John Keegan, le plus grand des historiens anglais contemporains, note
dans son introduction à The Second World War —
qui, sous couvert d'un titre objectif, sont d'abord les mémoires
de guerre d'un homme, Churchill — que la résilience
(resilience) était peut-être le plus prononcé
de ses traits de caractère. D'où la tirait-il ? En partie
de sa capacité à tisser des liens entre les grands acteurs
et de sa volonté d'être au contact de la situation, sur tous
les fronts. On le voit trop, à tort, comme un stratége dirigeant
la guerre du fond de la war-room du Cabinet
de Guerre. Cela a été vrai — et encore ! — pendant
la bataille d'Angleterre. Ensuite il n'a cessé de se déplacer,
en particulier pour les nombreuses réunions au sommet (conferences)
organisées pour coordonner les efforts alliés. La carte
qui permet le mieux de comprendre un des secrets opérationnels
de sa résilience est la carte de ses déplacements pendant
toute la guerre. |
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1940.
65 ans. |
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10
mai. Les Allemands franchissent la ligne Maginot, réputée
infranchissable. À la demande du roi, et seul à pouvoir le faire, il forme un gouvernement d'union nationale. Premier ministre et ministre de la guerre. 13 mai, « Du sang, des peines, des larmes et de la sueur. » (Blood, toils, tears and sweat) 19 mai. Premier allocution radiodiffusée à la BBC (il avait compris l'impact de la radio lors de ses voyages aux États-Unis) 4 juin : « Nous ne capitulerons jamais » (We shall never surrender) 20 août :« Never so much owed by so many to so few. » 17 juin : Autorise De Gaulle à faire une allocution le lendemain à 18 h00 sur les ondes de la BBC. Octobre : leader du parti conservateur. |
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1941.
66 ans. |
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20
juillet. Adopte le « V » de la victoire, en morse : ti,
ti, ti, ta, et la première phrase musicale de la 5e symphonie de
Beethoven, comme symbole de la résistance à la tyrannie. |
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| Les
principaux déplacements de Churchill pendant la guerre. En France,
en juin 1940 (1). Puis, Roosevelt étant en fauteuil roulant et
Staline refusant de quitter l'URSS, Churchill paya de sa personne pour
les rencontrer lors des conférences de grande stratégie,
de celle d'Argentina Bay, au Canada, en août 1941 (2) à celle
de Yalta (20). (la carte est de Martin Gilbert, Recent History Atlas, reprise par Bédarida dans son Churchill) |
| Août.
Argentia Bay, Canada. Première des « conférences
» de grande stratégie. Rencontre avec Roosevelt (neutre
à l'époque). L'amène à augmenter son aide
à la Grande-Bretagne. Rédaction des grandes lignes de
la Charte de l'Atlantique. 29 octobre. Discours devant les élèves d'Harrow, son ancienne école. |
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«
Never give in— never, never, never, never, in nothing great or
small, large or petty, never give in except to convictions of honour
and good sense. Never yield to force; never yield to the apparently overwhelming might of the enemy. » |
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Dimanche
7 décembre, 08 h 00 du matin. Attaque de Pearl Harbor. Débarquement Japonais en Malaisie. 10 décembre. Les cuirassés HMS Repulse et le Prince de Wales, deux des plus belles unités de la flotte britannique envoyés en renfort au large de la Malaisie sont coulés par des avions japonais, ce qui était réputé être impossible. 11 décembre. Hitler déclare la guerre aux-Unis. 12 décembre. Part sur le cuirassé Prince of Wales pour les États-Unis. 22 décembre. Conférence de Washington (sa deuxième conférence) . Fait admettre par Roosevelt le stratégie de « l'Europe en premier ». 26 décembre. Première crise cardiaque. 29-31. Ottawa. Yousuf Karsh prend la plus célèbre de ses photos. |
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1942.
67 ans. |
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Février.
Chute de Singapour, réputée
imprenable (en venant de la mer) mais prise à revers par les
Japonais. La Birmanie tombe entre
leurs mains.2 Juin. Deuxième conférence de Washington (sa troisième conférence). Aller et retour en hydravion. Fait admettre à Roosevelt le principe d'une stratégie périphérique (indirecte) de préférence à une stratégie directe de traversée de la Manche. 21 juin. Chute de Tobrouk, réputée imprenable. Fin juin. Statistiques de la bataille de l'Atlantique. Les sous-marins allemands ont coulé 120 cargos (600.000 tonnes) en mai et 114 (620.000) en juin. 8 août. Limoge le général Auchinlek, commandant en chef des forces brittaniques au Moyen-Orient et le remplace par Alexander auquel il impose un général quasiment inconnu, Montgmery, à la tête de la 8e armée. 15 août. Échec sanglant de Dieppe (son idée) (débarquer à Dieppe, effectuer un raid en France et réembarquer à Boulogne-sur-Mer où à Dunkerque pour regagner l'Angleterre !). Il en tire une leçon : « La secret de la victoire est le travail en équipe » (Team work is the secret of success) dans les opérations combinées terre-air-mer (il inventera le mot « triphibie » pour les désigner). |
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| Son avion personnel, « Commando ». Les déplacements en avion étaient des déplacements à très haut risque. | Visite des positions d'El Alamein en « siren-suit », sa combinaison d'alerte. | Toujours en en siren-suit, avec « Uncle Joe ». |
2
août. Part en avion pour aller rencontrer Staline à Moscou.
Un gros bombardier quadrimoteur
Liberator ni chauffé, ni pressurisé. L'avion fait
escale à Gibraltar (après un large détour au large
des côtes françaises pour être hors de portée
de la chasse allemande, en alerte). Rejoint le Caire (après un
large détour le plus possible au sud pour les mêmes raisons).
Visite de le position d'El Alamein à 100 km de là. Puis
repart pour Moscou via Téhéran. Entretien avec Staline,
le 16 août. Retour par Téhéran et le Caire. Il visite
une nouvelle fois la position d'El Alamein et rencontre Montgomery,
wargame avec lui sur la meilleure
façon de battre Rommel, lui demande de faire confiance à
Maskelyne pour établir un plan de mystification et le met en
demeure de remporter une victoire avant la fin septembre : il y va de
sa place. Gibraltar, il est à Londres le 23 août. Il vient
de faire 25 000 km en avion. 8 novembre (Montgomery a obtenu des délais supplémentaires). Victoire d'El Alamein, grâce en particulier au plan Bertram. |
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| « Now
this is not the end. It is not even the beginning of the end. But it is,
perhaps, the end of the beginning. » « Maintenant ce n'est pas la fin. Ce n'est même pas le commencement de la fin. Mais c'est, peut-être, la fin du commencement. » |
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Décembre.
Le nombre de bateaux alliés et le tonnage coulés par les
sous-marins allemands est divisé par deux (72 pour 135 en novembre).
La bataille de l'Atlantique est virtuellement gagnée. 7 décembre. Il s'enthousiasme dans un memo pour le projet « Habbabuk » — un projet digne de Jules Verne. Il explique comment on pourrait réaliser des iles flottantes en glace de trente mètres d'épaisseur — ou, mieux, en pykrete — servant de piste d'atterrissage, d'aérodromes flottants, aux milieu de l'Atlantique. Et demande un compte rendu tous les 15 jours sur l'avancement du projet. Le projet sera abandonné. |
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1943.
68 ans. |
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Janvier.
Conférence de Casablanca (sa quatrième) . Plan d'invasion
de la Sicile et de l'Italie. Débarquement en France prévu
pour 1944. Février. Pneumonie. Mai. Conférence de Washington (sa cinquième). Avec Roosevelt. Bombardement de l'Allemagne. Fin mai-début juin. Déplacement à Tunis et à Alger. |
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| Alger. 3 juin 1943. Il était du 11 au 26 mai aux États-Unis pour la conférence de Washington avec Roosevelt. Revenu en avion, il était le 1er juin à Carthage pour faire une allocution aux soldats de la 8e Armée dans l'amphithéâtre. Il repassera par Londres avant de retourner en Amérique du Nord, au Canada, pour la conférence de Québec. On le voit ici finaliser les plans de l'invasion de la Sicile et de l'Italie devant les principaux chefs militaires alliés (on reconnait par exemple à droite, Marshall, Eisenhower et Montgomery). |
Août.
Conference de Québec (sa sixième). Avec Roosevelt. Le
débarquement en France fixé au 1er mai 1944. Novembre. Conférence du Caire (la septième). Avec Roosevelt et Tchang Kaï-Chek. 28 novembre-Ier décembre. Conférence de Téhéran (la huitième). Avec Roosevelt et Staline. Début décembre. Deuxième conférence du Caire (sa neuvième). Avec Roosevelt et Ismet Inonu (premier ministre turc). Le débarquement de Birmanie repoussé. L'alliance (de facto) avec la Turquie (neutre) renforcée. 12 décembre. Tunis. Pneumonie et deuxième crise cardiaque 14 décembre. Épuisé, il est transporté à Marrakech. |
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1944.
69 ans. |
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Début
janvier. Convalescence à Marrakech. |
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12
juin. Sur les plages du débarquement. |
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20
juillet. Visite des ruines de Caen. |
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7
août. Troisième visite sur le front de Normandie |
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Août.
Déplacement à Rome (reçu par le pape), Naples,
le front italien. |
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Septembre.
Conférence de Québec (sa dixième). Avec Roosevelt. |
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9-19
octobre. Rencontre avec Staline à Moscou. |
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11 novembre, assiste au défilé sur les Champs-Élysées
à côté de De Gaulle. |
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12
novembre. Visite le front français sur les Vosges. |
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25-28
décembre. À Athènes, au milieu de la guerre civile. |
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| 1945.
70 ans |
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Février.
Conférence de Yalta (sur les bords de la Mer Noire) (sa onzième).
Avec Roosevelt et Staline. |
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23-26
mars. Traverse le Rhin en péniche d'assaut avec le gros des troupes. |
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Juillet.
Conférence de Postdam (à côté de Berlin)
(sa douzième). Avec Truman et Staline. |
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27
juillet. Chassé du pouvoir par la
victoire des travaillistes aux élections. |
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16/10/05 |