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Winston Churchill.
Résilience, créativité et leadership :
une stupéfiante chronologie (1) : 1874-1940
 
« Success is going from failure to failure without a loss of enthusiasm. »

<< Winston Churchill. Les facteurs de sa résilience individuelle et stratégique.

Une incroyable succession d’échecs, de revers et de victoires
Né le 30 novembre 1874, mort en 1965 à l'âge de 91, il été élu 16 fois député et a été battu 5 fois, dont trois fois de suite. Donné 4 ou 5 fois pour mort au plan politique a été 14 fois ministre dont deux fois premier ministre.

Les années de jeunesse : cavalier, correspondant de guerre pendant ses permissions et apprenti député
 
1892. 17 ans. Échec à l’examen d’entré de Sandhurst
1993. Février. Deuxième échec.
         Juin. Réussite au troisième essai.
1895. 19 ans. Sort sous-lieutenant de cavalerie.
En permission à New York, se transforme en correspondant de guerre et couvre la répression de l'insurrection cubaine par l'armée espagnole. Baptème du feu le jour de ses 20 ans. Médaille.
1896. Les Indes. Fait partie immédiatement de l'équipe de polo (4 joueurs) du régiment
1897. Trois mois de permission en Europe. Premier discours politique
De retour aux Indes, participe à la campagne du Malakand dont il tirera son premier livre, The Malakand Field Force., sous-titré : A Subaltern's Advice to the Generals.
1898.Trois mois de permission en Europe. En profite pour aller comme correspondant du Morning Post participer à la guerre du Soudan. Charge avec le 21e Lanciers (la dernière charge de cavalerie de l'histoire). Deuxième livre : The River War.
1899. Se démet l’épaule droite. Handicapé toute sa vie pour jouer au polo, son sport préféré. Mais marque néanmoins 3 buts sur 4 au polo pour le 4e Hussards aux Indes.
1899. S'essaie à la polique. Candidat conservateur. Battu.
1899. La guerre des Boers en Afrique du Sud. Belle opportunité. Correspondant de guerre — le mieux payé du monde — pour le Morning Post . Fait prisonnier. « C’est effrayant de penser au peu de temps qu’il me reste (pour être célèbre) ». Il s’évade le jour de ses 25 ans (30 novembre). Articles dans le Morning Post et son troisième livre : The Boer War.
Charge à la tête du 21e lanciers, armé d'un Luger, alors qu'il est en permission
et correspondant de guerre.
L'épisode du train blindé. Il a démissionné de l'armée, correspondant de guerre, n'a le droit ni d'être en uniforme, ni de porter une arme. Fait prisonnier, il manque de peu d'être fusillé. Il s'évade. Sa tête est mise à prix. Une pleine page le 1er janvier 1900 dans l' « Illustred Police News ».
1900. 25 ans. Célèbre et riche, il se présente de nouveau. Élu.
1904. En désaccord avec son parti, change de camp et devient libéral.
1905. 30 ans. Les libéraux gagnent les élections.
1908. Avril. Battu à Manchester North-West
        Mai. Se présente à Dundee. Élu.

Ascension

1909. Défend l'avenir de l'aviation. Et commence à prendre des leçons de pilotage.
1910. 35 ans. Ministre de l'intérieur
1911. Premier Lord de l'Amirauté (ministre de la marine)
1912. Fait passer la marine britannique du charbon au fioul.
Crée l'Aéronavale
1914. « La marine est prête.»
Août. La guerre.
Dès septembre, propose de construire des tanks.


Chute

1915. 40 ans.Les Dardanelles. Une idée brillante. Prendre les Allemands à revers. Et un lamentable fiasco dont il n'est aucunement responsable.
         Poussé à démissionner.
       « La différence entre la guerre et la politique, c'est qu'à la guerre, on ne meurt qu'une fois ».
Première mort politique
         Crise de dépression, qu'il appelle ses « Black Dogs »

         Découvre la peinture.
         Se porte volontaire pour le front des Flandres en tant que major. Nommé colonel à titre temporaire— alors qu'il espèrait être nommé général — il commande avec talent son régiment et donné pour mort au plan politique, échappe de peu à la (vraie) mort.

 
La peinture qui lui permettra tout au long de sa vie de vaincre ses « black dog », ses crises de dépression.
Armentières,
fev. 1916
Churchill avait emmené son matériel de peintre au front. Ici, Plogsteert.
1916. Sous la pression des politiques, doit abandonner définitivement le droit de porter l’uniforme.
         « Je suis un homme fini… définitivement banni de l’action.» (à 42 ans).

Rebond
1916. En juillet, réélu. Surnommé « L’insubmersible ».
  Mais, veto de Bonar Law, conservateur, qui ne lui pardonne pas sa trahison de 1904. il ne fait pas partie du gouvernement de coalition.
1918. Ministre de l’Armement.
1920. 45 ans
1921. Expose à Paris, galerie Drouet, 20, rue Royale, sous le pseudonyme de Charles Morin.
1922. Achète Chartwell Manor.
« A day away from Chartwell is a day wasted. »

Chute
1922.
 
Appendicite.
Lloyd George (libéral) démissionne. Fin de son mandat de ministre.
 
Battu à Dundee. Cesse de siéger au parlement. Se retrouve « sans bureau, sans siège, sans parti et sans appendice ». (47 ans).
Deuxième mort politique.

1923. Se présente en tant que libéral à Leicester West. Battu.
1924. Battu pour la 3e fois à Abbey (Westminster)
Change de parti.
Octobre. Réélu à Epping comme conservateur.
Novembre. Chancelier de l'Échiquier, ministre de finances, le ministère le plus important après le poste de premier ministre (son 5e mandat ministériel) pour 4 ans et demi.
1925. 50 ans. Sur les conseils du gouverneur de la banque d'Angleterre, décide du retour à l'étalon-or. La plus mauvaise décision de sa vie.
1927. Joue pour la dernière fois au polo à Malte à 52 ans.
         Membre du syndicat des maçons.
1929. Défaite des conservateurs.
        
Troisième mort politique.


1930-1939. La traversée du désert

1930. 55 ans. Démissionne du Shadow Cabinet
1931. Grave accident de la circulation à New York. Il en tire un article : « My New York Misaventure. »
1932. « Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur.»
Il entreprend avec toute une équipe de documentalistes la rédaction de sa biographie monumentale de John Churchill, 1er duc de Malborough, le plus grand homme de guerre que la Grande-Bretagne ait connu, vainqueur des armées de Louis XIV dans la guerre de Succession d'Espagne (Blenheim, 1704 — qui lui vaudra le chateau éponyme ; Ramillies, 1706 ; Malplaquet, 1709).
Visite le théâtre de ses premières victoires en Bavière.

 
Huit ans de travail, un million de mots. Une fresque — qui lui vaudra le prix Nobel de littérature en 1953— dont il tira une leçon, bien qu'il la connût déjà : « Battles are won by slaughter and maneuver. The greater the general, the more he contributes in maneuver, the less he demands in slaughter. »

1932. On lui traduit les passages clés de Mein Kampf. Anticipe alors le péril hitlérien.
1938. Termine la rédaction de Marlborough commencé en 1931.
Septembre. Dénonce les accords de Munich signés par Chamberlain. « On vous a donné à choisir entre la guerre et le désohonneur. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. »
Devient l'homme le plus impopulaire de Grande-Bretagne.
Il est politiquement mort pour la 4e fois.

1939. 64 ans. La guerre…



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14/10/05