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Winston Churchill, la résilience faite homme.(1)
« We shall never surrender. »
 

<< La résilience stratégique

Winston Churchill, l'exemple parfait de la résilience faite homme
Les mots d'esprits, les aphorismes, les excentricités, la sieste quotidienne (habitude contractée à Cuba en en 1895 et qui désemparait ses collaborateurs, si même elle lui permettait d'attaquer la deuxième partie de la journée avec une énergie renouvelée) (voir : nap-storming), les cigares (des Camacho et des Romeo y Julieta), les champagnes préférés (du Veuve-Clicquot, puis du Pol-Roger cuvée 1947), la perruche, on croit souvent tout savoir de Winston Churchill. Humour, vitalité, vision, sens de l'anticipation, créativité, sens de l'équipe, des réseaux d'informateurs et de l'alliance, optimisme réaliste, passions salvatrices : tous traits de caractère qui font de lui le plus grand chef d'état du XXe siècle et un leader dont nous avons tout à apprendre en matière de résilience individuelle, collective, organisationnelle et stratégique, un leader qui a su communiquer sa résilience aux autres par ses discours, ses aphorismes, ses symboles.
Comme tout bon leader charismatique, Churchill connaissait l'immportance des signes distinctifs : ses cigares dont il avait pris l'habitude à Cuba en 1895, sa canne offerte par Edward VII à l'occasion de son mariage en 1908, ses innombrables chapeaux, son noeud papillon à poix, ses quatre uniformes dont il jouait selon les circonstances (habillé selon elles en colonel de l'armée de terre, en marin ou en aviateur. Mais son invention clé en ce domaine a été, à partir de janvier 1941, la récupération du « V » de la victoire pour son seul usage personnel. Signe distinctif d'une autre nature que les précédents : il communiquait l'espoir.
 
Sa première façon de faire le V.
On lui fit remarquer qu'elle pouvait être mal interprétée …
Celle qu'il adopta
et qui devint un geste légendaire.

Son humour
D'après tous les auteurs, un des facteurs clés de la résilience est l'humour. Distanciation par rapport à la réalité, il dédramatise les situations difficiles et permet de les supporter. Churchill sait rire de lui-même avec un sens aigu de l'auto-ironie.
Par allusion à son visage poupin : « Tous les bébés me ressemblent. »
« Anyone can rat, but it takes a certain ingenuity to re-rat. »
« N'importe qui peut retourner sa veste, mais il faut un certain talent pour la re-retourner » .
En 1924, alors qu'il revient au parti conservateur qu'il a quitté en 1909.
« J'ai retiré plus de choses de l'alcool que l'alcool ne m'en a retirées.
« Le secret de ma vitalité ? Je n'ai dans le sang que des globules rouges : il y longtemps que l'alcool a tué tous mes globules blancs.»
« Ne croyez surtout pas que je fume toute la journée ! Je suis bien trop tempérant pour ça. Il s'agit en réalité de faux cigares: ils sont creux et remplis de cognac à l'intérieur...»
« Nous sommes tous des vers... Mais je pense que je suis un ver luisant. »
« Personnellement je suis toujours prêt à apprendre, bien que je n'aime pas qu'on me donne des leçons. »
« L'histoire me sera indulgente. D'autant que c'est moi qui l'écrirai. »
« La croix plus lourde que j'aie jamais eu à porter, c'était la croix de Lorraine. »
Sur le golf, alors qu'il y joue assez mal : « Le golf est un sport qui consiste à envoyer une balle minuscule dans un trou encore plus petit avec des ustensiles singulièrement mal conçus pour cet usage. »
Etc.

Ses aphorismes
Ses aphorismes, on peut penser qu'il les pensait. C'étaient des messages, des règles d'action, qu'il envoyait aux autres, mais en premier lieu des principes qu'il s'envoyait à lui-même pour surmonter ses accès de dépression et le désordre de son imagination bouillonnante. La plupart seraient à leur place dans un manuel de management ou de leadership(ou de PNL — Programmation Neuro-Linguistique — appliquée).
« Le secret de la victoire est le travail en équipe (team work is the secret of success). Une leçon à apprendre par coeur. »
(à la suite de l'échec du raid sur Dieppe, dû à un manque de coordination entre les différentes armes)
« Agissez comme s'il était impossible d'échouer. »
« Il ne sert à rien de dire : Nous avons fait de notre mieux.
Il faut réussir à faire ce qui est nécessaire. »
« La critique peut être désagréable, mais elle est nécessaire. Elle est comme la douleur pour le corps humain: elle attire l'attention sur ce qui ne va pas. »
« La grande leçon de la vie, c'est que parfois, ce sont les fous qui ont raison. »
« Le succès c'est être capable d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme. »
« Si deux hommes ont toujours la même opinion, l'un d'eux est de trop.»
« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité,
un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté. »
« Success is never final. Failure is never fatal. It is courage that counts. »
« Difficulties mastered are opportunities won. » 
( Des difficultés surmontées sont des opportunités qui se présentent )
« Laugh a little; if you can’t laugh, smile; if you can’t smile, grin;
if you can’t grin, keep out of the way till you can. »
Etc.

Ses formules chocs au sein de ses discours
En 1963, dans le discours accompagnant sa nomination à la distinction de Citoyen Honoraire des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy dira de lui qu'il avait mobilisé la langue anglaise pour l'envoyer se battre. Vrai leader, il trouvait les mots qui, sans optimisme de facade résumaient objectivement la situation tout en laissant la porte ouverte à l'espoir, ce réalisme optimiste ou cet optimisme réaliste, comme on voudra, autre facteur clé de la résilience. Et des mots qui témoignent de la reconnaissance.
« Je n'ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur. »
« I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat. We have before us an ordeal of the most grievous kind. We have before us many, many long months of struggle and suffering. You ask, what is our policy? I can say: It is to wage war, by sea, land and air, with all our might and with all the strength that God can give us: to wage war against a monstrous tyranny, never surpassed in the dark, lamentable catalogue of human crime. That is our policy. You ask, what is our aim? I can answer in one word: It is victory, victory at all costs, victory in spite of all terror, victory, however long and hard the road may be; for without victory, there is no survival. »
« Nous ne nous rendrons jamais. »
"We shall go on to the end, we shall fight in France, we shall fight on the seas and oceans, we shall fight with growing confidence and growing strength in the air, we shall defend our Island, whatever the cost may be, we shall fight on the beaches, we shall fight on the landing grounds, we shall fight in the fields and in the streets, we shall fight in the hills; we shall never surrender. »
Aux pilotes de chasse, héros de la Bataille d'Angleterre :
« Jamais autant de gens n'en ont dû autant à si peu d'autres.»
« Never was so much owed by so many to so few. »

En 1941, devant les étudiants du collège d'Harrow dont il est un ancien :
«  Never give in— never, never, never, never, in nothing great or small, large or petty, never give in except to convictions of honour and good sense. Never yield to force; never yield to the apparently overwhelming might of the enemy. »

Après la victoire d'El Alamein (dont il dira plus tard : « Avant, jamais de victoire. Après, jamais de défaite. ») en novembre 1942 :
« Ce n'est pas la fin. Ce n'est même pas le commencement de la fin. Mais, c'est peut-être la fin du commencement. »
« Un rideau de fer est tombé. »
À ses pairs, dans son discours d'adieux : « Vous étiez les vrais lions. Je n’ai fait que rugir. »
Etc.

Ses dérivatifs
Une stupéfiante capacité à trouver de l'action quand il n'y en avait pas (le polo alors qu'il était en garnison aux Indes) ou qu'il était mis à l'écart (la rédaction de ses Mémoires ou des biographie, dont celle de son ancêtre, le duc de Marlboriugh, qui lui vaudront un prix Nobel de littérature — mérité, quand on considère l'importance de son œuvre, 42 ouvrages, et la langue somptueuse de ses discours — en 1953). Des dérivatifs qui lui permettait de surmonter ses crises de dépression ou de se ressourcer (Chartwell, la maçonnerie, la peinture)
     
    
Sa résidence secondaire de Chartwell
à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Londres :
"A day away from Chartwell is a day wasted."

Maçon, il ajouta trois appentis à Chartwell, dont un pour ses cigares, et s'inscrivit au syndicat des maçons.

   
Chartwell lui offrait des paysages qui lui permettait de se ressourcer. La photo est de Philip Halsman. La peinture, qui éloignait de lui ses « black dogs » (ses idées noires). Ici les poissons rouges de Chartwell

« No sport ! ». Une légende
Alors qu'on lui demandait le secret de sa longévité, il aurait répondu : « Cigares, whisky et pas de sport ». La boutade est apocryphe mais vraie. Sa première crise cardiaque date de 1941 (66 ans). Le sport lui était interdit. En fait, il en a fait tant qu'il a pu. Citons le polo, pour lui le roi des jeux, auquel il joua plus longtemps qu'aucun homme, de 17 à 52 ans. Et l'aviation à laquelle il s'essaya avec passion mais dut renoncer à la demande de sa femme. On le retrouvera à la place de co-pilote de son quadrimoteur personnel Commando — un bombardier B-24 Liberator — pendant la seconde guerre mondiale alors qu'il se rend à Moscou en passant par Gibraltar, Le Caire et Téhéran, pourchassé par l'ensemble de la Lutwaffe. Il avait été un excellent escrimeur. Excellent tireur, il resta redoutable au pistolet jusqu'à 70 ans. Il jouait au golf (mal). On le trouve nageant à 75 ans sur la Côte d'Azur. Etc.
   
Churchill jouant au polo, un spoert qu'il pratiqué toute sa vie
Il adorait le polo auquel il joua toute sa vie et avec succès, bien qu'handicapé par son épaule droite, chaque fois que l'occasion se présentait.
Aux Indes, en Angleterre, en Espagne, à Malte, etc.
Fasciné par l'aviation, il commença à apprendre à piloter en 1909.
En 1914, avec 140 vols, il était
près de passer son brevet de pilote, quand sa femme obtint de lui — après qu'il ait failli plus ou moins se tuer — qu'il renonce à voler. Il accepta par amour pour elle…
Clémentine
Derrière tout grand homme, il y a une grande femme. Le mot n'a jamais été aussi juste que pour Churchill. Il rencontra Clémentine en mars 1908. Ils se marièrent en septembre. Elle lui donna 4 enfants et fut à côté de lui toute sa vie, tant dans les ruines de Londres bombardée que dans ses campagnes électorales. Un des rares exemples de femme immortalisée par une sculpture avec son mari.
 
Clémentine en 1908. À côté de lui en juin 1940. À côté de lui dans ses campagnes électorales. « Married love » du sculpteur Oscar Nemon. Dans le jardin de Chartwell.

 
Impossible de comprendre la résilience de Winston Churchill sans connaître sa vie. Voir :

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Dernière révision : 5 septembre 2007