|
|
| Sun
Tzu (ou Sun Tse, ou Sun Zi) Connaissance de l'adversaire, stratégie indirecte et désinformation |
| L'Art de la Guerre |
Sun
Tse (ancienne translitération), Sun Tzu (en anglais et en allemand),
Sun Zi (en français, aujourd'hui), peu importerait cette orthographe, sinon pour le trouver
sur Google (au moyen duquel on trouve très facilement L'Art
de la guerre, The Art of War, téléchargeable
en ligne). Nous dirons Sun Tzu. On ne sait pas s'il a vraiment existé,
mais le très court traité dont on lui attribue la paternité
s'est imposé comme une des réflexions incontournables sur
l'art de la guerre, avant celle de Clausewitz. |
Impossible
de dire quelle est la meilleure traduction ou la meilleure version d'une
des innombrables éditions de L'Art de la guerre en français
et en anglais, toutes accompagnées de commentaires et d'interprétations. |
|
S'il nous fallait faire un choix, signalons celle de Presse Pocket reprenant
la vieille traduction du père Amiot et que Bonaparte a peut-être
lue. Celle de Champs/Flammarion, traduite d'une traduction anglaise faite
par un général des U.S. Marines et accompagné
d'une préface de Sir Basil Lidell-Hart, le plus grand théoricien
de la stratégie indirecte. Celle de Jean Levi (Pluriel), analysant
en détail les concepts de cheng et de ch'i. Et
celle associant la pensée de Sun Tzu et de Sun Bin. |
……………… …………… ……………![]() |
| Les
principles de Sun Tzu |
|
Napoléon
disait qu'à la guerre il y a des principes, mais qu'il y en a
peu. Pour Sun Tzu, les principes clés de l'art de la guerre se
résument à peu de choses, mais il faut absolument les
respecter si l'on veut gagner : |
|
– bien
connaître le terrain (et sa nature) et ses adversaires (leurs
plans et leurs alliances) ; |
|
–
bien connaître ses forces et ses faiblesses; |
|
–
employer constamment une combinaison de moyens conventionnels ou de
stratégie directe, le cheng, et de moyens non-conventionnels,
ou de stratégie indirecte, le ch'i ; |
|
–
chercher constamment à surprendre l'adversaire par des feintes
et des duperies. |
|
Pour
illustrer ces principes, nous prendrons deux des plus beaux exemples
de leur application gagnante au cours de la Deuxième guerre Mondiale. |
|
Connaître
son adversaire et le duper par une stratégie inattendue et de
la désinformation : El Alamein |
|
1942. Montgomery n'avait pas à El Alamein, face à Rommel,
et avec un rapport de forces de seulement deux contre un la possibilité
de l'emporter (on estime qu'il faut, pour l'emporter face à une
position défensive, un rapport de forces minimum de trois à
un). Il a rendu possible cette victoire impossible en appliquant littéralemment
les principes de Sun Tzu |
|
La
connaissance de l'adversaire, de sa psychologie, de son style
|
|
Montgomery
avait un portrait de Rommel au dessus de sa table de travail dans son
PC (poste de commandement) de campagne. |
|
| …………………… ………………… |
![]() |
«
Un général doit toujours comprendre — ou, du
moins, essayer de comprendre — la façon de penser
de ses adversaires. Aussi, ai-je toujours eu dans la caravane qui
me servait de P.C. tactique de grandes photographies de mes adversaires.
J’étudiais leurs visages, essayant toujours de deviner
leurs réactions à toutes les actions que je pouvais imaginer.
Et, curieusement, cela m’a toujours aidé. » |
|
Une
stratégie inattendue et un plan d'intoxication |
||
El
Alamein est à 100 km à l'ouest du Caire. Rommel s'attendait
à ce que de façon classique, Montgomery cherche à
le tourner par le sud. Contrairement à toutes les règles
de la guerre du désert, Montgomery choisi de faire ce à
quoi Rommel ne s'attendait pas, l'attaque frontale en force. |
||
Mais
un plan d'intoxication monté par un authentique magicien professionnel,
Jasper Maskelyne, que Winston
Churchill avait mis à la disposition de Montgomery —
des chars étaient déguisés en camions et des camions
déguisés en chars faisant croire à une attaque
au sud — laissa Rommel dans l'expectative et l'amena à
diviser ses forces en deux. |
||
![]() |
![]() |
![]() |
Jasper
Maskelyne, le « magicien de guerre » (c'est le titre
du film que Tom Cruise a dans ses cartons sur l'histoire de ses mystifications)
et l'un de ses nombreux numéros de prestidigitation guerrière. |
||
![]() |
||
| Le camion de droite est un char camouflé en camion. | ||
|
Moyens
extraordinaires et désinformation : le débarquement de
Normandie |
|
| Il
est absolument certain que le débarquement de Normandie n'aurait
pas réussi sans l'application des principes de Sun Zi. |
|
Les
ports artificiels |
|
C'est
un des moyens extraordinaires — imaginé par Churchill,
encore lui — utilisés pour réussir le Débarquement.
Il fallait absolument un port pour débarquer le matériel.
Le raid sur Dieppe (une idée de Churchill, toujours lui), et
son échec, avait montré qu'il était impossible
de s'emparer d'un port. Il eu l'idée d'en fabriquer deux en Angleterre
et de les remorquer jusqu'aux côtes françaises à
un endroit où il était peu probable, pour les Allemands,
que les Alliés débarquent — puisqu'il n'y
avait pas de port. |
|
![]() |
|
Un
des deux ports artificiels. L'autre sera balayé par une tempête. |
|
| Désinformation : Fortitude (le plan de déception) | |
La
deuxième composante de ce qui a rendu possible une victoire impossible.
Les Alliés ne pouvaient espérer débarquer avec
succès en Normandie que si la 15e Armée allemande, destinée
à empêcher un débarquement dans le Pas-de-Calais,
ne vienne pas renforcer la 7e Armée allemande face à la
21e Groupe d'armées alliée. Sous l'impulsion de Churchill,
les anglo-américains créerent, dans le cadre du plan Fortitude,
un faux groupe d'armées (le FUSAG) face au Pas-de-Calais et une
campagne de bombardements axés sur la zone où ils ne débarqueront
pas. |
|
……… |
![]() |
Face
au Groupe d'Armées B (la 7e et la 15e armée), le vrai
21e Groupe d'Armées et le faux 1er. Un des chars gonflables du
FUSAG (First US Armies Group) – entièrement factice –
utilisé pour le plan Fortitude. |
|
| La
mystication réussit si bien que les troupes qui débarquaient
tous les jours ne faisait que renforcer Hitler dans son intime conviction :
le vrai débarquement aura lieu dans le Pas-de-Calais (chemin
le plus direct vers la Sarre et Berlin), le débarquement de Normandie
n'étant qu'une feinte et les anglo-américains ne débarquant
des troupes et du matériel que pour lui faire croire que ce
n'était pas une feinte. Hitler ne se rendra compte de son
erreur que début juillet et donna alors l'ordre à la 15e
armée de se porter au secours de la 7e. C'était trop tard. |
|
| La
transposition à l'entreprise |
|
Reprenons
les principes de Sun Tzu qu'il faut absolument respecter : |
|
– connaître
le terrain et l'adversaire. C'est connaître les attentes du marché
et de ses clients et la psychologie des équipes dirigeantes de
ses concurrents. |
|
–
employer constamment une combinaison de moyens conventionnels ou de
stratégie directe, le cheng, et de moyens non-conventionnels,
ou de stratégie indirecte, le ch'i. C'est, sur un marché, combiner des attaques sur les segments à fort volume à des attaques sur des segments négligés par la concurrence. Et combiner des moyens conventionnels et des stratégies latérales ou indirectes. |
|
–
chercher constamment à perturber où à ralentir
le processus décisionnel de ses concurrents par de la désinformation
ou de la sur-information. |
|
| ©2004-2007 Jean-Louis Swiners et WWWarketing Consulting |
Revu le 25/02/2007 |